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Bouturer un cerisier : est-ce possible, et avec quel bois ?

Famille Potager et jardin bio

Récolte 23 octobre 2026

Récolté par

Planche 72 8 min de lecture

Jeune cerisier en pot posé sur une table en bois à côté d’un sécateur et de petits pots vides

Quand on aime un cerisier, l’idée d’en avoir un second identique vient vite. Le geste paraît simple : on prélève un morceau, on le met en terre, on attend. Pourtant, avec un cerisier, la réalité est moins évidente, car plusieurs techniques existent et leurs résultats diffèrent beaucoup. Si l’on tient à un arbre précis, ce qui compte, c’est que celui qui en sortira lui ressemble vraiment, bien plus que la simple reprise du rameau.

En bref.

  • Pour le cerisier, la multiplication se fait de préférence par greffage, d’après la SNHF : bouturer un cerisier n’est pas la voie recommandée.
  • Un rejet issu du pied d’un cerisier greffé reproduit le support, donc pas la variété que vous aimez.
  • Le marcottage est une technique pensée pour les arbustes ligneux difficiles à multiplier par bouturage, et l’enracinement demande quelques mois.
  • Quelle que soit la méthode, le bouturage exige des outils affûtés et désinfectés et un pied mère en pleine santé.

Bouturer un cerisier, de quoi parle-t-on exactement ?

Bouturer un cerisier, c’est prélever une partie de l’arbre (une tige, un rameau) pour la faire s’enraciner et obtenir un nouvel individu. Le bouturage est présenté par Au Jardin comme une méthode de multiplication simple et rapide, qui donne une plante ressemblant en tous points au pied mère. Cette ressemblance est tout l’intérêt de la technique : on reproduit à l’identique ce qu’on possède déjà.

Le bouturage ne se pratique pas partout de la même façon. La bouture peut être prélevée sur une partie herbacée, semi-lignifiée ou aoûtée, selon la période et la nature de la plante. Certaines plantes se bouturent de plusieurs manières, tandis que d’autres se montrent plus difficiles à bouturer. C’est dans cette seconde catégorie que les jardiniers rangent volontiers les arbres fruitiers à noyau, ce qui explique pourquoi la pratique est peu conseillée pour le cerisier.

Pourquoi la greffe reste-t-elle la méthode de référence ?

La fiche « Cerisier » de la SNHF l’indique sans détour : la multiplication se fait par greffage de préférence, en fente, vers la mi-septembre. Autrement dit, quand on veut un nouveau cerisier d’une variété précise, la voie habituelle ne passe pas par la bouture.

L’histoire de cette pratique est résumée par Au Jardin : l’idée est venue de prélever des rameaux et de les transplanter sur un porte-greffe. Le greffon apporte la variété, le porte-greffe apporte les racines et une partie du comportement de l’arbre. La même fiche de la SNHF précise que le cerisier atteint des hauteurs différentes, de 3 à 15 mètres, selon les porte-greffes. Le choix du support détermine donc la taille finale de l’arbre, un paramètre que le bouturage ne permet pas de maîtriser de la même façon.

La greffe a aussi ses exigences. Au Jardin rappelle que le collet doit être affleurant du sol et que le point de greffe ne doit pas être enterré. Ce détail compte pour la suite : un arbre greffé ne se comporte pas comme un arbre qui vit sur ses propres racines, et cette particularité pèse lourd dès qu’on parle de drageons.

Que donne un drageon prélevé sur un cerisier greffé ?

Le drageon est un rejet qui naît du système racinaire. Au Jardin explique qu’il ne se forme pas à partir d’une graine, mais par le développement d’un méristème. Il possède un système racinaire qui lui est propre, tout en restant lié à la plante mère. Cette caractéristique le rend facile à repérer et à diviser, comme le souligne Gerbeaud.

Pour un arbre greffé, le piège est là. Certains arbres fruitiers greffés drageonnent, et dans ce cas c’est le porte-greffe qui émet des rejets. Gerbeaud met en garde : les drageons issus de plantes greffées seront identiques au porte-greffe et non au greffon. Au Jardin va dans le même sens : si vous les conservez pour multiplier, vous n’obtiendrez pas le même arbre que le pied mère, mais un clone du porte-greffe, généralement issu d’une autre espèce, souvent plus vigoureuse.

Le drageon n’a donc d’intérêt, pour obtenir la même variété, que sur un arbre qui n’est pas greffé. Sur un cerisier greffé, bouturer un cerisier à partir d’un rejet du pied revient à reproduire le support, pas la variété appréciée.

Si vous décidez malgré tout de conserver un drageon, voici les gestes décrits par Au Jardin :

  • choisir un drageon vigoureux et en pleine croissance ;
  • tailler le drageon pour ne laisser que la moitié de la tige, ce qui évite une trop grande évaporation par le feuillage et favorise la formation des racines.

Gerbeaud ajoute que certains drageons, profondément enterrés, obligent à creuser tout autour, avec la précaution de ne pas endommager les racines.

Le marcottage, une piste quand le bouturage déçoit

Le marcottage consiste à faire enraciner un segment de tige sans le couper de la plante mère. Au Jardin le décrit comme une technique de multiplication particulièrement adaptée aux plantes grimpantes ou aux arbustes ligneux qu’il est difficile de multiplier par bouturage. Le principe est séduisant : la tige continue d’être alimentée par le pied mère pendant qu’elle émet ses racines.

L’enracinement intervient au bout de quelques mois. Il est alors temps de séparer les nouvelles plantes du pied mère, de les faire croître en pots individuels, puis de les réinstaller au jardin le printemps suivant. Le marcottage demande donc de la patience, mais pas de matériel particulier.

Il existe une variante en hauteur, le marcottage aérien. Au Jardin le présente comme une méthode très pratique pour obtenir un sujet en tous points semblable à la plante mère, qui se réalise directement sur une tige lignifiée. Il s’agit d’un type de multiplication végétative pratiqué en hauteur sur la plante. Sur le papier, il répond au besoin de celui qui veut conserver une variété sans passer par la greffe. Son emploi sur le cerisier reste une piste à tester, pas une méthode garantie.

Pour comparer avec d’autres espèces où la bouture est plus courante, vous pouvez lire nos pages sur la bouture de rosier dans l’eau ou la bouture de saule tortueux.

Quelle technique pour quel résultat ?

Le tableau ci-dessous rassemble ce que chaque méthode produit.

TechniqueCe que vous obtenezPoint à retenir
GreffageUn arbre de la variété du greffon, sur un porte-greffeMéthode préférée pour le cerisier (SNHF)
BouturageUne plante ressemblant en tous points au pied mèreCertaines plantes sont plus difficiles à bouturer que d’autres
Drageon d’un arbre grefféUn clone du porte-greffePas la variété du greffon
MarcottageUne plante enracinée avant d’être séparée du pied mèreAdapté aux ligneux difficiles à bouturer, quelques mois d’enracinement
Marcottage aérienUn sujet semblable à la plante mèreSe pratique en hauteur sur une tige lignifiée

Ce comparatif met en évidence un point : seules les méthodes qui reproduisent le pied mère lui-même (bouture, marcotte) conservent la variété. Dès qu’un porte-greffe entre en jeu, le résultat dépend de ce qui se trouve sous le point de greffe.

Quel porte-greffe choisir si vous passez par la greffe ?

Puisque la greffe est la voie préférée pour le cerisier, le choix du porte-greffe devient décisif. Au Jardin note que le problème est de trouver le porte-greffe universel, qui accepterait toutes les variétés et toutes les situations. Il n’existe pas, et chaque support convient à un contexte.

Selon la même source, en sol frais et non calcaire, le merisier sera préféré. À l’inverse, en sol calcaire et sec, le « Sainte Lucie » fera merveille. Un porte-greffe nanifiant existe aussi, pour les petits espaces et pour les jardinières sur les balcons. Le cerisier accepte bon nombre de sols, excepté ceux qui sont vraiment très lourds et asphyxiants.

Côté exposition, la SNHF indique que le cerisier peut s’adapter à toutes les régions, en évitant les orientations nord dans les zones aux hivers froids. Elle rappelle aussi que les fleurs sont détruites à partir de -3 °C. Ces repères aident à choisir l’emplacement avant de se lancer dans une multiplication quelle qu’elle soit.

Si votre cerisier montre déjà des signes de faiblesse, regardez aussi la page sur les pucerons du cerisier et les feuilles enroulées, et celle consacrée à la greffe du cerisier, période et technique.

Les bonnes pratiques valables pour tout essai de bouturage

Même si le résultat reste incertain pour cette espèce, quelques règles s’appliquent à tout essai. Au Jardin recommande d’utiliser des outils bien affûtés et préalablement désinfectés, et de bouturer des sujets en pleine santé. Un pied mère affaibli donne rarement une bonne matière première, quelle que soit la technique.

Pour le cerisier, le type de bois qui réussit n’est pas établi : nous préférons ne pas l’affirmer. Un essai reste possible, mais il doit être vu comme une expérience et non comme une méthode éprouvée.

Questions fréquentes sur la multiplication du cerisier

Un drageon de cerisier greffé donne-t-il le même fruit que l’arbre ?

Non : le rejet reproduit le support de l’arbre, généralement d’une autre espèce et souvent plus vigoureuse.

Que faire d’un drageon que l’on veut tout de même conserver ?

Prenez un rejet robuste, en pleine croissance, et raccourcissez sa tige de moitié : Au Jardin y voit un moyen de limiter l’évaporation et d’aider les racines à se former.

Combien de temps faut-il pour réussir une marcotte ?

Comptez quelques mois avant l’enracinement. Les jeunes plants se détachent ensuite du pied mère, grandissent chacun dans un pot, puis rejoignent le jardin au printemps suivant.

Où placer le point de greffe lors de la plantation ?

Au niveau du sol : le collet reste à fleur de terre, et la zone de greffe n’est jamais recouverte de terre.

Quel porte-greffe pour un sol calcaire et sec ?

Le « Sainte Lucie » convient quand le terrain est calcaire et sec, d’après Au Jardin. Si le terrain est frais et sans calcaire, le merisier a la préférence.

Sources

  1. Société nationale d’horticulture de France, « Cerisier », https://www.snhf.org/fiche-plante/cerisier/, consultée le 15 octobre 2026.
  2. Au Jardin, « Le drageonnage », https://www.aujardin.info/fiches/drageonnage.php, consultée le 15 octobre 2026.
  3. Gerbeaud, « Drageonnage, oeilletonnage : quelles plantes, comment faire ? », https://www.gerbeaud.com/jardin/fiches/oeilletonnage-drageonnage,2649.html, consultée le 15 octobre 2026.
  4. Au Jardin, « Les porte-greffes du cerisier », https://www.aujardin.info/fiches/porte-greffes-cerisier.php, consultée le 15 octobre 2026.
  5. Au Jardin, « Questions fréquentes sur le cerisier », https://www.aujardin.info/fiches/questions-frequentes-cerisier.php, consultée le 15 octobre 2026.
  6. Au Jardin, « Le marcottage », https://www.aujardin.info/fiches/marcottage.php, consultée le 15 octobre 2026.
  7. Au Jardin, « Le marcottage aérien », https://www.aujardin.info/fiches/marcottage-aerien.php, consultée le 15 octobre 2026.
  8. Au Jardin, « Les techniques de bouturage », https://www.aujardin.info/fiches/techniques-bouturage.php, consultée le 15 octobre 2026.

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