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Potager et jardin bio

Calculateur de dosage du savon noir contre les pucerons

Par · · 21 min
Calculateur de dosage du savon noir contre les pucerons

Vos fèves ou vos rosiers sont noirs de pucerons, vous avez un bidon de savon noir sous l’évier, et chaque page consultée vous donne une dose différente.

La dose de référence est de 50 ml de savon noir liquide par litre d’eau, soit une dilution à 5 %, appliquée à raison d’un litre de bouillie pour 10 m² de feuillage. Cela fait 250 ml de savon noir dans un pulvérisateur de 5 litres, qui couvre 50 m². Et cela se mesure au verre doseur, jamais à la cuillère.

Comptez 1 m² par pied de tomate adulte, 2 à 4 m² pour un arbuste, 10 m² pour un fruitier formé.
Les modèles courants font 1, 2, 5 ou 8 litres.

Choisissez le problème et la plante pour voir les traitements autorisés et la quantité exacte à préparer.

D’où viennent ces doses. Les préparations à base de plantes et de produits du quotidien sont des substances de base approuvées par la Commission européenne au titre de l’article 23 du règlement (CE) n° 1107/2009 : les doses viennent des fiches de l’ITAB, l’Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologiques, et de ses fiches d’usage par filière 2025. Les produits du commerce sont ceux qui portent la mention Emploi autorisé dans les jardins : les doses viennent du catalogue e-phy de l’ANSES, autorisation par autorisation. Référentiel à jour du 2026-08-28.

Depuis le 1er janvier 2019, un jardinier amateur ne peut employer que trois familles de produits : les substances de base, les produits de biocontrôle et les produits qui portent la mention Emploi autorisé dans les jardins. Tout le reste lui est interdit, y compris ce qu’il reste au fond d’un vieux bidon.

Que calcule ce calculateur de dosage du savon noir ?

Le calculateur vous demande trois choses, le ravageur ou la maladie, la plante concernée et la surface à traiter, puis il sort la quantité exacte à mettre dans votre pulvérisateur. Ce qu’il fait et que les autres pages ne font pas tient en trois points : il ne propose que les traitements réellement autorisés pour ce couple précis de ravageur et de plante, il indique pour chacun son statut réglementaire, produit homologué au jardin, substance de base approuvée par la Commission européenne ou préparation maison hors homologation, et il donne le nombre de passages permis dans l’année avec l’intervalle à respecter. Chaque dose affichée renvoie à sa source, autorisation de mise sur le marché ou fiche de substance de base, et non à une recette recopiée d’un site à l’autre.

Pourquoi trouve-t-on des doses qui vont de 5 à 75 ml par litre ?

Le relevé de la première page de Google sur cette question donne le vertige. Voici, mot pour mot, ce que recommandent les pages qui sortent en tête.

Source Dose annoncée Équivalent en ml par litre
Gamm vert 1 cuillère à café par litre 5 ml
Jungle Feed 1 à 2 cuillères à soupe par litre 15 à 30 ml
Dr. Jonquille et Mr. Ail 2 à 3 cuillères à soupe par litre 30 à 45 ml
La Corvette, savonnier 3 à 4 cuillères à soupe par litre 45 à 60 ml
Forum aujardin.org 20 à 30 g par litre 20 à 30 ml
Rustica 5 cuillères à soupe par litre 75 ml
Gerbeaud 5 cuillères à soupe par litre 75 ml
Marius Fabre, savonnier 5 cuillères à soupe par litre 75 ml

D’un bout à l’autre du tableau, le rapport est de un à quinze. Deux raisons expliquent cet écart, et aucune des deux n’est un détail.

Cinq cuillères à soupe font-elles vraiment une dilution à 5 % ?

Non. Rustica et Gerbeaud écrivent tous les deux que cinq cuillères à soupe de savon noir dans un litre d’eau correspondent à une dilution à 5 %. Une cuillère à soupe contient 15 ml, c’est la contenance normalisée de cet ustensile, celle que retient d’ailleurs le savonnier La Corvette quand il traduit ses trois à quatre cuillères par 45 à 60 ml. Cinq cuillères à soupe font donc 75 ml, soit 7,5 % et non 5 %. L’erreur porte sur la moitié de la dose. Le résumé automatique que Google affiche en haut de la page reprend d’ailleurs la même approximation, en annonçant que deux à cinq cuillères à soupe font environ 15 à 50 ml, alors que cinq cuillères en font 75.

Pour obtenir réellement 5 %, il faut 50 ml, c’est-à-dire un peu plus de trois cuillères à soupe. C’est la raison pour laquelle le calculateur raisonne en millilitres et pas en cuillères, et c’est aussi pourquoi un verre doseur de cuisine, qui coûte trois euros, vaut mieux que n’importe quel couvert.

Le savon noir sert-il de mouillant ou d’insecticide ?

C’est la seconde source de confusion, et elle explique la dose de 5 ml par litre que donne Gamm vert. Le savon noir a deux emplois au jardin qui n’ont rien à voir. Comme mouillant, il sert à faire adhérer une autre préparation au feuillage, une décoction de prêle ou une bouillie cuprique par exemple : quelques millilitres par litre suffisent, il ne s’agit que de casser la tension superficielle de l’eau pour que les gouttes s’étalent au lieu de rouler. Comme insecticide, il est le produit actif lui-même, et il lui faut une concentration dix fois supérieure pour agir. Les deux doses circulent sous le même mot de dosage, ce qui suffit à égarer un jardinier pressé.

Quelle est la dose que retiennent les produits autorisés ?

Il existe une manière de sortir de ce désordre : regarder ce que contiennent les produits que l’ANSES autorise à la vente pour cet usage précis, et qui portent sur leur étiquette la mention Emploi autorisé dans les jardins. Ces produits sont des savons potassiques, exactement comme le savon noir, et leur substance active porte le nom de sels de potassium d’acides gras.

Produit autorisé Concentration en matière active Dose d’emploi Passages autorisés
Autorisation n° 2190811 10 g par litre, soit 1 % 100 ml par m², soit 1 litre pour 10 m² 2 par an, à 7 jours
Autorisation n° 2010099 9,75 g par litre, soit 1 % 1 litre pour 10 m² 5 par an, à 7 jours

Les deux produits, formulés par des fabricants différents, tombent sur la même valeur : 1 % de matière active savonneuse dans la bouillie prête à pulvériser, et le même volume d’application, un litre pour 10 m². C’est le seul point fixe de tout ce dossier, et c’est sur lui que le calculateur est calé.

Reste la limite honnête de l’exercice, que personne ne mentionne : un savon noir de droguerie ne déclare pas sa teneur en savon. Vous ne pouvez donc pas convertir exactement votre bidon en pourcentage de matière active. La dilution à 5 % du produit vous place dans le bon ordre de grandeur, elle recoupe ce que recommandent les deux savonniers français, et elle laisse une marge avant le seuil où le feuillage commence à souffrir. Monter plus haut n’apporte rien : le savon tue par contact immédiat, pas par accumulation.

Combien de savon noir faut-il pour votre pulvérisateur ?

La conversion est simple une fois la concentration fixée, mais c’est celle que personne ne fait à votre place. Voici les contenants courants.

Contenant Savon noir à verser Eau Surface couverte
Vaporisateur de 500 ml 25 ml compléter à 500 ml 5 m²
Pulvérisateur de 1 litre 50 ml compléter à 1 litre 10 m²
Pulvérisateur de 2 litres 100 ml compléter à 2 litres 20 m²
Pulvérisateur de 5 litres 250 ml compléter à 5 litres 50 m²
Pulvérisateur à dos de 8 litres 400 ml compléter à 8 litres 80 m²

La surface à traiter n’est pas la surface de votre jardin, c’est celle du feuillage que vous allez mouiller. Comptez environ 1 m² pour un pied de tomate adulte, 2 à 4 m² pour un rosier buisson, une dizaine de mètres carrés pour un fruitier formé. Un rang de fèves de trois mètres tient largement dans un pulvérisateur d’un litre. C’est d’ailleurs le premier conseil pratique de cet article : ne préparez pas cinq litres pour trois pieds de rosier, le mélange ne se garde pas.

Comment préparer la bouillie sans la rater ?

Quel savon noir faut-il choisir ?

Un savon noir liquide ou en pâte fait d’huile végétale et de potasse, sans parfum, sans colorant et sans détergent ajouté. Les produits d’entretien vendus sous la mention « au savon noir » contiennent souvent des tensioactifs de synthèse et des agents de brillance qui n’ont rien à faire sur une feuille. Sur l’étiquette, la liste doit être courte : eau, savon, glycérine, rien de plus. Le réflexe vaut pour toutes les préparations alcalines faites maison, dont les limites sont rarement dites : c’est le cas des inconvénients de la lessive de cendre, elle aussi très alcaline et bien plus agressive qu’on ne le croit. C’est le même réflexe de lecture d’étiquette que pour distinguer les différences entre le bicarbonate alimentaire et le bicarbonate de soude, où deux produits au nom voisin ne se valent pas du tout selon l’usage.

Faut-il de l’eau chaude ou de l’eau froide ?

De l’eau tiède, et pour une seule raison : le savon noir se dissout mal dans l’eau froide et laisse des amas qui bouchent la buse. Versez le savon dans un fond d’eau tiède, remuez jusqu’à ce que le liquide soit homogène, complétez avec de l’eau froide, puis attendez que la préparation soit à température ambiante avant de pulvériser. Une bouillie encore chaude sur un feuillage exposé provoque des brûlures.

L’eau du robinet convient-elle pour diluer le savon noir ?

Pas toujours, et c’est une cause de déception que personne ne mentionne. Un savon est le sel d’un acide gras : dans une eau calcaire, le calcium et le magnésium prennent la place du potassium et forment des savons insolubles, ces flocons blanchâtres que l’on connaît sur les parois de douche. Autrement dit, une partie du savon que vous avez dosé est neutralisée avant même d’avoir touché une feuille, et la bouillie mousse mal. Dans une région à eau très dure, l’eau de pluie récupérée donne un bien meilleur résultat, à quantité de savon égale. C’est la même chimie que celle qui explique pourquoi filtrer l’eau du robinet sans perdre ses minéraux naturels demande de savoir ce que l’on retire exactement.

Un signe simple permet de trancher sans matériel : si la bouillie mousse franchement en remuant, le savon est disponible. Si elle reste terne avec un léger dépôt, votre eau consomme une partie du produit.

Combien de temps la préparation se garde-t-elle ?

Le temps d’un traitement. Le savon noir dilué n’est pas stable, il se sépare, et rien ne sert de conserver un fond de pulvérisateur d’une semaine sur l’autre. Préparez la quantité que vous allez utiliser dans l’heure, rincez la cuve à l’eau claire après usage, sinon le savon sèche dans le circuit et la buse se bouche à la sortie suivante.

Quand faut-il pulvériser, et combien de fois ?

Le savon noir agit par contact et seulement tant qu’il est humide. Il dissout la couche de cire qui protège le corps mou du puceron et obstrue ses orifices respiratoires, si bien que l’insecte se déshydrate et s’asphyxie. Une fois la gouttelette sèche, le produit n’a plus aucun effet, ni rémanent ni préventif. Toute la technique découle de cette seule propriété.

  • Le soir ou tôt le matin, jamais en plein soleil : la bouillie doit rester humide un moment sur la feuille, et le soleil qui frappe des gouttes savonneuses brûle le limbe.
  • Sur les deux faces des feuilles, et surtout sur le dessous, où les colonies se tiennent. Ce qui n’est pas mouillé n’est pas traité, il n’y a pas d’exception à cette règle.
  • Sur les extrémités des jeunes pousses, qui concentrent l’essentiel de la population.
  • Pas avant une pluie, pas par grand vent, pas sur une plante assoiffée.
  • De 2 à 5 passages au maximum dans la saison, espacés de 7 jours, selon ce qu’autorise le produit de référence retenu.

La question du nombre de passages mérite un mot, car elle explique la déception habituelle. D’après la fiche technique du puceron publiée par le dispositif public Jardiner Autrement, une femelle est capable de donner naissance à une nouvelle génération cinq jours après sa propre naissance. Une seule pulvérisation, même parfaitement conduite, tombe donc sur une population qui se reconstitue en moins d’une semaine. C’est aussi pour cette raison que l’intervalle de sept jours figure sur les étiquettes : il correspond au retour des jeunes.

Faut-il rincer le savon noir après le traitement ?

Oui, et c’est la question la plus posée sur le sujet. Rincez à l’eau claire deux à trois heures après la pulvérisation, une fois que le savon a fait son travail sur les insectes. Ce délai n’est pas un caprice : rincer trop tôt annule le traitement, puisque le savon n’agit que pendant qu’il est humide, tandis que laisser sécher le dépôt sur la feuille augmente le risque de brûlure et bouche les stomates, surtout sur les plantes d’intérieur et sur les feuillages vernissés.

Le rinçage a un second effet, souvent plus utile que le premier. Les pucerons rejettent un liquide sucré, le miellat, sur lequel se développe un champignon noir, la fumagine, qui masque la lumière et affaiblit la plante. Le savon dissout ce miellat, et le rinçage l’emporte. C’est d’ailleurs sous cette étiquette de nettoyant du feuillage et du miellat que sont vendus la plupart des savons noirs dits spécial jardin, pour une raison réglementaire que nous voyons plus bas.

Peut-on mélanger le savon noir avec du vinaigre blanc ?

Non, et cette recette très répandue est une erreur de chimie, pas une question de dosage. Le savon noir est un savon de potassium, c’est-à-dire le sel d’un acide gras. Le vinaigre est un acide. Verser du vinaigre dans une solution savonneuse redonne à l’acide gras sa forme non salifiée, qui est insoluble dans l’eau : le mélange se trouble, des flocons apparaissent, et le savon perd précisément la propriété tensioactive qui faisait son intérêt. Vous obtenez de l’eau vinaigrée avec des grumeaux gras dedans.

Le mélange n’est donc pas dangereux, il est inutile. Si vous cherchez à renforcer l’action du savon, la voie qui a un sens est l’association avec une huile végétale, qui prolonge l’effet asphyxiant, ou l’alternance avec une autre préparation autorisée, la décoction de prêle et le purin d’ortie figurant tous les deux dans le calculateur ci-dessus.

Sur quelles plantes le savon noir pose-t-il problème ?

Le savon noir n’est pas anodin pour le végétal, puisqu’il attaque des cires de surface. Les plantes qui supportent mal un traitement savonneux se repèrent à leur feuillage : feuilles très fines et tendres des jeunes semis, feuillages duveteux ou pruineux dont la couche de cire fait justement la beauté, comme les choux ou certaines succulentes, feuillages déjà stressés par la sécheresse ou par un coup de chaud. Sur ces plantes, descendez à 1 % de produit, soit 10 ml par litre, et rincez plus tôt.

La règle qui évite les mauvaises surprises est simple : pulvérisez d’abord sur deux ou trois feuilles, attendez 48 heures et regardez. Des taches translucides, des bords brunis ou un feuillage qui se recroqueville signent une brûlure, et rien ne rattrape une feuille brûlée. Ce réflexe vaut d’autant plus que les symptômes du produit ressemblent parfois à ceux d’une maladie : sur une plante déjà atteinte, on peut mettre sur le compte du traitement ce qui relève d’un champignon, ou l’inverse. Sur les solanacées, comparer avec des photos aide à trancher, et notre article sur les maladies de la tomate sert à faire cette distinction avant de traiter.

Un cas revient souvent, celui des cochenilles sur les arbustes à feuillage persistant. Le savon noir y est utile mais il ne suffit pas seul, car la carapace protège l’insecte adulte, et un feuillage qui jaunit ou tombe peut avoir bien d’autres causes que le ravageur visible, comme le montre le cas de l’olivier qui perd ses feuilles.

Que dit la loi sur le savon noir utilisé contre les pucerons ?

C’est le point que les pages de recettes passent sous silence, et il mérite d’être dit clairement, sans dramatiser. Depuis le 1er janvier 2019, un jardinier amateur ne peut plus utiliser que trois catégories de produits pour traiter ses plantes : les produits de biocontrôle, les produits à faible risque et les produits autorisés en agriculture biologique, tous reconnaissables à la mention Emploi autorisé dans les jardins sur l’emballage. Cette interdiction figure à l’article L. 253-7 du code rural et de la pêche maritime, issu de la loi du 6 février 2014 modifiée en 2015. À cela s’ajoutent les substances de base approuvées par la Commission européenne, comme l’ortie, la prêle ou le bicarbonate de sodium, que les amateurs peuvent employer dans les mêmes conditions que les professionnels.

Un savon noir de droguerie n’entre dans aucune de ces cases. Il n’a pas d’autorisation de mise sur le marché comme produit de traitement, ce qui explique que les savons noirs présentés comme spécial jardin soient vendus en nettoyants pour le feuillage et le miellat, et non en insecticides : revendiquer une action insecticide sans autorisation est interdit. Employer votre propre savon noir sur vos propres plantes n’est pas ce que la loi vise, mais vous n’avez alors ni dose homologuée, ni nombre de passages, ni délai avant récolte, et c’est bien pour cela que le calculateur signale ces préparations comme relevant d’un usage personnel hors homologation.

Le corollaire pratique compte davantage que le principe : ne transposez jamais au jardin un produit conçu pour autre chose. Le détournement d’usage est la première cause d’accident domestique en jardinage, comme le montre le cas de l’AdBlue détourné en désherbant. Et si vous traitez avec un produit du commerce, vérifiez son délai de rentrée, c’est-à-dire combien de temps les animaux doivent rester à l’écart après une application.

Pourquoi le savon noir ne règle jamais le problème à lui seul ?

Parce qu’il traite un symptôme visible sans toucher à ce qui l’a produit. La fiche publique consacrée au puceron insiste sur trois causes que le pulvérisateur ne corrigera pas.

  • L’excès d’azote. Un apport d’engrais azoté trop généreux fait des jeunes pousses tendres et gorgées de sève, exactement ce que le puceron cherche. Une plante trop nourrie appelle le ravageur.
  • Un arrosage irrégulier. Une plante qui a soif est nettement plus attractive. La régularité vaut mieux que l’abondance.
  • Un sol appauvri. Une plante qui pousse sur un sol vivant résiste mieux, et certaines cultures y contribuent directement, comme le montre le chanvre, cette culture qui régénère les sols et se passe de pesticides.
  • L’absence d’auxiliaires. Coccinelles, chrysopes et syrphes régulent les colonies mieux qu’aucun traitement, mais encore faut-il qu’ils soient sur place au bon moment.

Ce dernier point est celui qui doit faire hésiter avant de pulvériser. Le savon noir n’est pas sélectif : il tue par contact tout ce qu’il mouille, y compris les larves de coccinelle et de syrphe installées dans la colonie, qui sont justement en train de faire le travail. Traiter une plante où les auxiliaires sont déjà actifs revient souvent à casser la régulation en cours et à s’assurer un retour massif des pucerons dix jours plus tard, sans le moindre prédateur pour les attendre.

La même fiche publique recommande de conserver des plantes relais en périphérie du jardin, centaurées, capucines, orties ou fenouil, pour capter les premiers vols et fixer les auxiliaires. Elle rappelle aussi qu’une petite colonie peut se tolérer, et qu’elle attire tout un cortège d’insectes utiles. La vraie décision n’est donc pas quelle dose, mais faut-il traiter. Le seuil raisonnable est celui des dégâts réels : jeunes pousses déformées, feuillage collant de miellat, floraison ou récolte compromise. En dessous, laissez faire.

Il y a une exception à cette patience, et elle est sérieuse. Les pucerons transmettent des maladies virales qui sont incurables et qui obligent à arracher le plant atteint. Sur les cultures sensibles, intervenir tôt sur les premières colonies a un sens qu’il n’a pas sur un rosier vigoureux.

Quelles questions reviennent le plus sur le savon noir ?

Comment utiliser le savon noir contre les pucerons ?

Diluez 50 ml de savon noir liquide dans un litre d’eau tiède, laissez refroidir, puis pulvérisez le soir sur les colonies et sous les feuilles, jusqu’à ce que le feuillage soit mouillé sans ruisseler. Comptez un litre de bouillie pour 10 m². Rincez à l’eau claire deux à trois heures plus tard et recommencez au bout de sept jours si les colonies se reforment.

Comment faire un insecticide avec du savon noir ?

Il n’y a rien d’autre à y mettre que du savon noir et de l’eau. Versez le savon dans un fond d’eau tiède, remuez jusqu’à dissolution complète, complétez au volume voulu, laissez refroidir et versez dans le pulvérisateur. Les recettes qui ajoutent du vinaigre, de l’alcool ménager ou du liquide vaisselle n’améliorent rien et exposent le feuillage.

Est-ce qu’il faut rincer le savon noir sur les plantes ?

Oui, deux à trois heures après le traitement. Ce délai laisse au savon le temps d’agir, puisqu’il ne tue que tant qu’il est humide, et évite qu’un dépôt sec ne bouche les stomates et ne brûle le limbe. Le rinçage emporte aussi le miellat décollé, ce qui prive la fumagine de son support.

Est-ce qu’on peut mélanger savon noir et vinaigre blanc ?

Non. Le savon noir est le sel d’un acide gras, le vinaigre est un acide : leur rencontre libère l’acide gras sous une forme insoluble, le mélange caille et le savon perd son pouvoir mouillant. La préparation devient inefficace. Ce n’est pas un problème de proportion, la réaction se produit quelle que soit la dose.

Quelle plante n’aime pas le savon noir ?

Les feuillages duveteux ou couverts de pruine, comme les choux et certaines plantes grasses, les jeunes semis à feuilles tendres, et toute plante déjà stressée par la sécheresse ou la chaleur. Sur ces végétaux, descendez à 10 ml par litre et rincez plus tôt. Faites toujours un essai sur deux ou trois feuilles et attendez 48 heures avant de traiter l’ensemble.

Quel est l’effet du savon noir sur les plantes ?

À la bonne dose, aucun effet visible, le savon est rincé et biodégradable. Trop concentré, laissé à sécher au soleil ou appliqué sur un feuillage assoiffé, il dissout les cires protectrices de la feuille et provoque des taches translucides puis des bords brunis. Il n’apporte par ailleurs aucun élément nutritif : ce n’est pas un engrais foliaire.

Quelle est la recette de grand-mère pour tuer les pucerons ?

Celle qui circule le plus mélange savon noir, vinaigre blanc et parfois alcool à brûler. La partie savon noir fonctionne, le reste non : le vinaigre annule le savon, et l’alcool à brûler brûle le feuillage. La recette de grand-mère qui tient devant l’examen, c’est le savon noir seul, bien dosé, appliqué le soir et renouvelé.

Quel est le produit miracle contre les pucerons ?

Il n’existe pas, et c’est le message des services publics chargés du sujet. Le savon noir fait tomber une colonie visible, il ne l’empêche pas de revenir cinq jours plus tard. Ce qui tient une population dans la durée, c’est un jardin où les coccinelles, chrysopes et syrphes sont installés, un apport d’azote mesuré et un arrosage régulier. Le pulvérisateur est un dépannage, pas une stratégie.

D’où viennent ces chiffres ?

La concentration de 1 % de matière active savonneuse et le volume d’un litre de bouillie pour 10 m² sont lus dans le catalogue e-phy de l’ANSES, sur deux produits portant la mention Emploi autorisé dans les jardins, les autorisations de mise sur le marché n° 2190811 et n° 2010099. Le premier titre 10 g de sels de potassium d’acides gras par litre pour 100 ml par m² et deux applications, le second 9,75 g par litre pour cinq applications, tous deux à sept jours d’intervalle.

Les doses des autres traitements proposés par le calculateur viennent des mêmes sources publiques : le catalogue e-phy pour les produits du commerce, les fiches de substances de base de l’ITAB et ses fiches d’usage par filière 2025 pour l’ortie, la prêle, le bicarbonate de sodium et les autres préparations approuvées au titre de l’article 23 du règlement européen n° 1107/2009.

Les éléments de biologie du puceron, la génération produite en cinq jours, le rôle de l’excès d’azote et de l’arrosage irrégulier, l’intérêt des plantes relais et le caractère incurable des viroses transmises, proviennent de la fiche technique consacrée au puceron par Jardiner Autrement, le dispositif d’information sur le jardinage sans pesticides.

Les doses recensées dans le premier tableau ont été relevées le 28 août 2026 sur la première page des résultats français de Google, telles qu’elles sont écrites par chaque source. La conversion en millilitres retient la contenance normalisée des ustensiles, 15 ml pour une cuillère à soupe et 5 ml pour une cuillère à café.

Le cadre réglementaire applicable aux jardiniers amateurs figure à l’article L. 253-7 du code rural et de la pêche maritime, dans sa rédaction issue de la loi du 6 février 2014 modifiée par la loi du 17 août 2015, applicable aux particuliers depuis le 1er janvier 2019.

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