Dosage du savon noir contre les pucerons : quelle dose sans abîmer les plantes ?

Le savon noir se glisse dans bien des recettes de jardin, et c’est presque toujours à l’œil qu’on le mesure. Or le dosage du savon noir contre les pucerons ne se règle pas à l’aveugle : trop faible, la pulvérisation laisse les colonies en place, trop forte, elle roussit le feuillage qu’elle devait protéger. Les repères circulent en cuillères, en pourcentages et en grammes, sans toujours se recouper. Difficile de savoir quel chiffre croire quand la marge d’erreur est étroite et que chaque pulvérisation compte.
En bref.
- Le dosage savon noir pucerons retenu par le calculateur de dosage du site est de 50 ml de savon noir liquide par litre d’eau, soit une dilution à 5 %, à mesurer avec un verre doseur plutôt qu’à la cuillère.
- Sur les plantes sensibles, le même calculateur recommande 10 ml par litre, après un essai sur deux ou trois feuilles et 48 heures d’attente.
- Le savon n’agit qu’au contact, tant qu’il est humide : il n’a ni effet durable ni effet préventif, et on renouvelle au bout de sept jours seulement si nécessaire.
- Il n’est pas sélectif : il touche aussi les auxiliaires, comme les larves de coccinelles et de syrphes.
D’où vient le repère de 50 ml par litre, et que valent les cuillères ?
Le dosage savon noir pucerons, c’est la quantité de savon noir diluée dans l’eau de la bouillie, exprimée en millilitres ou en pourcentage de volume : une dilution à 5 % revient à 50 ml pour 1 litre. Le calculateur du site part de ce repère et prévoit un litre de bouillie pour 10 m² de végétation à traiter. Ce n’est pas une vérité de laboratoire, plutôt une valeur de travail : le savon noir de droguerie ne déclare pas sa teneur en savon, donc toute conversion en pourcentage de matière active reste approximative.
La cuillère à soupe, en revanche, ne mesure rien de fiable. Des recettes très répandues annoncent « 5 cuillères à soupe par litre » en l’assimilant à 5 %, alors que le volume obtenu varie avec la taille de la cuillère et la façon de la remplir. Un verre doseur ou une seringue graduée évitent cette dérive, et c’est la raison pour laquelle le calculateur raisonne en millilitres.
Reste à situer ce repère parmi les autres valeurs rencontrées. Le tableau ci-dessous les rapproche, sans prétendre les mettre sur le même plan.
| Repère | Quantité par litre d’eau | Dilution |
|---|---|---|
| Dose de référence du calculateur du site | 50 ml | 5 % |
| Plantes sensibles, même calculateur | 10 ml | 1 % |
| Essai sur niébé au Nigeria (2012) | de 10 à 30 ml (valeur calculée) | 1 à 3 % |
| Recette courante à la cuillère | 5 cuillères à soupe | annoncée comme 5 %, volume variable |
| Conseil d’une jardinière formatrice | 1 cuillère à soupe, appliquée une seule fois | non précisée |
Ce rapprochement montre que 5 % se situe plutôt dans le haut de la fourchette. Pour une première utilisation, la logique est donc de partir bas et de monter seulement si les colonies résistent, en gardant en tête que la hausse de dose augmente d’abord le risque de brûlure.
Quel savon noir choisir pour que le dosage ait un sens ?
Le dosage savon noir pucerons suppose un produit simple. Le savon noir ménager, dit « savon mou », est obtenu par saponification d’un corps gras avec de la potasse. Le calculateur du site retient un savon liquide ou en pâte à base d’huile végétale et de potasse, sans parfum, sans colorant et sans détergent ajouté, avec une liste d’ingrédients courte. Les produits ménagers vendus « au savon noir » sont déconseillés, car leur formule dépasse le savon.
La teneur varie beaucoup d’un flacon à l’autre. Un dossier technique de 2025 sur le maraîchage biologique situe les savons domestiques entre 5 et 15 % de sels d’acides gras, quand les produits phytosanitaires homologués Flipper et Neudosan en contiennent 48 et 51 %. Avec 50 ml par litre, un savon domestique à 5 à 15 % apporte donc environ 2,5 à 7,5 g de sels d’acides gras par litre (calcul simplifié, sans tenir compte de la densité). Le calage du calculateur sur 1 % de matière active, soit 10 g par litre, correspond à la dose courante de 2 % de ces deux produits homologués. Cela rappelle que 50 ml d’un savon de droguerie ne valent pas 50 ml d’un produit titré : le même volume peut donner une bouillie plus ou moins active.
Pour le savon mou en pâte, on le dilue d’abord dans un peu d’eau chaude, tandis qu’un savon déjà liquide s’emploie directement. Aucune conversion fiable n’existe entre pâte et liquide : mieux vaut s’en tenir au liquide pour reprendre les 50 ml du calculateur.
L’eau compte aussi. Le calculateur signale que, dans une eau très calcaire, le savon peut former des dépôts et perdre de son efficacité ; les professionnels du bio recommandent une eau douce, idéalement de pluie, pour la même raison.
Faut-il baisser le dosage du savon noir sur les plantes fragiles ?
Oui, et c’est là que la dose de référence cesse de convenir. Le savon noir est un détergent qui dissout la matière organique : une dose trop forte attaque la surface des feuilles, ce que rappelle une jardinière formatrice. Des brûlures sont possibles, plus fréquentes sur les plantes à feuilles poilues. Les jeunes semis, les plantes d’intérieur, les plantules en serre et les orchidées font partie des cas où il faut redoubler de prudence.
Pour ces plantes, le calculateur recommande 10 ml par litre, soit 1 %. Il ajoute un test de bon sens : traiter deux ou trois feuilles seulement, puis attendre 48 heures avant de traiter tout le plant. Si une tache brune apparaît, la plante n’a pas supporté la préparation, quelle que soit la dose habituelle.
La chaleur aggrave le risque. Selon le dossier de 2025, la phytotoxicité augmente par temps chaud et sous abri, ce qui plaide pour traiter en fin de journée ou tôt le matin. Ce dossier déconseille de mélanger la bouillie savonneuse avec d’autres produits ou fertilisants, surtout par temps chaud, et le calculateur interdit le mélange avec du vinaigre. Enfin, le ruissellement vers les racines est à éviter sur une plante en pot : on peut protéger le pot avec un sac plastique et pulvériser avec une pression douce.
Autre limite à ne pas oublier : en jardin d’ornement, une colonie de pucerons n’appelle pas toujours de traitement, sauf sur une plante à laquelle on tient particulièrement, et tout usage préventif est déconseillé. Sur légumes ou arbres fruitiers, on traite seulement les plants atteints, pas des rangs entiers.
Comment pulvériser pour que le dosage savon noir pucerons serve vraiment ?
Le savon ne tue que ce qu’il touche : il bouche les stigmates par lesquels l’insecte respire et dessèche sa cuticule. Les pucerons abrités dans des feuilles crispées ou sous les feuilles échappent donc souvent au traitement, ce que relève le dossier de 2025 sur concombre, melon, poivron ou courgette. Une bonne pulvérisation compte autant que la dose.
Le calculateur détaille le geste :
- diluer le savon dans de l’eau tiède, puis laisser refroidir avant de pulvériser ;
- traiter le soir ou tôt le matin, sur les deux faces des feuilles, en insistant sous les feuilles ;
- utiliser un brumisateur qui produit un brouillard fin, plutôt qu’un jet qui fait ruisseler ;
- rincer à l’eau claire deux à trois heures après le traitement ;
- préparer seulement la quantité qui sera utilisée dans l’heure.
Un seul passage suffit rarement, mais la répétition est encadrée : le calculateur propose de renouveler au bout de sept jours si nécessaire, sans dépasser le nombre de passages permis pour le couple plante-ravageur affiché. Si les pucerons reviennent plus tôt, la cause se trouve souvent ailleurs : excès d’azote, arrosage irrégulier, fourmis qui élèvent les colonies. Les pages sur les pucerons du cerisier aux feuilles enroulées et sur les fourmis dans les arbres fruitiers aident à identifier ces causes, que le savon ne traite pas.
Qu’est-ce que le savon noir ne fait pas ?
Le savon noir ne protège pas dans la durée. Dès qu’il a séché, il n’a plus d’effet : les pucerons qui arrivent le lendemain ne sont pas touchés. Il ne protège pas non plus des viroses que les pucerons transmettent, d’après le calculateur. Selon une synthèse de la SNHF, une pulvérisation d’eau claire donne souvent des résultats assez proches, ce qui invite à tenter d’abord un jet d’eau sur les petites colonies.
Il ne fait pas le tri entre nuisibles et alliés. Pour cette raison, certains spécialistes le déconseillent au jardin : il tue par contact tous les insectes, y compris les larves de coccinelles et les syrphes. En culture professionnelle sous abri, le dossier de 2025 mentionne une forte toxicité pour Macrolophus et pour les micro-guêpes parasites adultes comme Aphidius, et conseille de limiter les traitements aux foyers lorsque des auxiliaires sont présents.
Reste le statut. Le savon noir ménager n’est pas un produit phytosanitaire : il n’est pas considéré comme un produit de contrôle des ravageurs et n’a jamais été évalué pour son efficacité ni pour sa sécurité. Le calculateur le classe comme un usage personnel hors homologation. Les produits à base de sels de potassium d’acides gras qui portent la mention « emploi autorisé dans les jardins » se cherchent dans la base e-phy sous ce nom, et non sous « savon noir » (données de 2013). Pour un traitement autorisé, c’est l’étiquette du produit qui fixe la dose, pas une recette.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser le savon noir pur sur les pucerons ?
Non. Le savon noir est un détergent : pur, il dissout la surface des feuilles et provoque des brûlures. Le savon doit toujours être dilué avant la pulvérisation, y compris le savon mou, qu’on dissout d’abord dans un peu d’eau chaude.
Quel dosage savon noir pucerons pour une plante d’intérieur ?
Une plante d’intérieur est une plante sensible : on part de 10 ml de savon noir liquide par litre. On teste d’abord deux ou trois feuilles, on attend 48 heures, puis on traite en évitant que la bouillie ne ruisselle dans le pot.
Faut-il rincer après le traitement ?
Le calculateur du site conseille un rinçage à l’eau claire deux à trois heures après la pulvérisation. Cela limite le risque de brûlure et les dépôts de savon, surtout sur les plantes fragiles ou par temps chaud.
Combien de fois peut-on renouveler la pulvérisation ?
Après sept jours, et seulement si des pucerons vivants subsistent. Le nombre total de passages dépend de la plante et du ravageur : le calculateur l’affiche pour chaque cas, et il ne faut pas le dépasser.
Peut-on ajouter du vinaigre ou d’autres produits à la bouillie ?
Non pour le vinaigre, qui est déconseillé dans le mélange par le calculateur. Pour le reste, mieux vaut éviter les mélanges : le dossier de 2025 déconseille d’associer la bouillie savonneuse à d’autres produits ou à des fertilisants, la phytotoxicité augmentant par temps chaud.
Sources
- Société nationale d’horticulture de France, Jardins de France, « Le savon noir comme insecticide ? », https://www.jardinsdefrance.org/savon-noir-insecticide/, consultée le 15 octobre 2026.
- GRAB (Groupe de recherche en agriculture biologique), « Dossier spécial savon noir », 2025, https://www.grab.fr/wp-content/uploads/2025/06/SavonNoir_DossierRefBio2025.pdf, consultée le 15 octobre 2026.
- Terre vivante, « Savon noir, bicarbonate… sans risque ? », https://www.terrevivante.org/contenu/savon-noir-bicarbonate-sans-risque%E2%80%AF/, consultée le 15 octobre 2026.
- Aujardin.info, « Comment traiter les pucerons au savon noir ? », https://www.aujardin.info/fiches/utiliser-savon-noir-contre-pucerons.php, consultée le 15 octobre 2026.
- Voyage en Terre Bio, « Calculateur de dosage du savon noir contre les pucerons », https://www.voyageenterrebio.org/calculateur-dosage-savon-noir-pucerons/, consultée le 15 octobre 2026.


