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Purin d’ortie contre les pucerons : est-ce le bon produit ?

Famille Potager et jardin bio

Récolte 6 novembre 2026

Récolté par

Planche 80 7 min de lecture

Seau en bois et bocal de purin d’ortie posés près de feuilles d’ortie fraîches sur une table de jardin

Dans un jardin bio, peu de préparations circulent autant que le purin d’ortie, et peu sont aussi chargées d’idées reçues : produit miracle pour les uns, simple engrais malodorant pour les autres. L’écart entre l’image et ce qui se vérifie devient bien réel dès qu’une colonie de pucerons s’installe sur un rosier ou un haricot. Le purin d’ortie jouit d’une réputation solide, mais son effet réel sur ces insectes reste flou pour la plupart des jardiniers.

En bref.

  • Le purin d’ortie est décrit comme répulsif contre les pucerons : on le pulvérise dilué, à raison d’un litre dans dix litres d’eau, y compris sur les colonies déjà en place.
  • Son statut est celui d’une préparation naturelle peu préoccupante (PNPP) : une substance naturelle à usage biostimulant, et non un insecticide homologué.
  • Le produit sorti du bac est très concentré : il se dilue et se filtre avant de passer au pulvérisateur, sous peine de buse bouchée.
  • Un jet d’eau, la taille des rameaux atteints, les auxiliaires et un savon dilué à 5 % complètent ou remplacent l’ortie.

Purin ortie puceron : de quoi parle-t-on exactement ?

Parler de purin ortie puceron, c’est désigner une préparation d’orties fermentées dans de l’eau, pulvérisée sur les colonies d’insectes ou sur les plantes à protéger. Le purin d’ortie est une préparation à base de plantes fermentées dans de l’eau, et il dégage une odeur nauséabonde : mieux vaut le préparer au fond du jardin, loin de la maison.

Côté ravageur, les pucerons sont des insectes piqueurs-suceurs. Pour l’INRAE, leur maîtrise chimique est souvent problématique en raison de leur résistance possible à plusieurs insecticides, et ils sont surtout redoutables par leur capacité à transmettre de nombreuses viroses, souvent très dommageables pour les cultures. Cela explique l’intérêt porté aux solutions douces, mais aussi la nécessité de savoir ce qu’on peut raisonnablement en attendre.

Quel est le statut du purin d’ortie ?

Le statut juridique compte, car il détermine ce qu’on a le droit de vendre et de dire. L’article L. 253-1 du code rural définit les préparations naturelles peu préoccupantes, ou PNPP. Elles relèvent soit de substances de base, soit de substances naturelles à usage biostimulant (SNUB), c’est-à-dire de matières fertilisantes. La liste des SNUB ne comprend que des plantes médicinales vendues librement, telles que l’ortie.

Ces substances doivent être produites et utilisées uniquement dans les conditions prévues par la réglementation : le décret n° 2016-532 du 27 avril 2016 sur la procédure d’autorisation, l’arrêté du 27 avril 2016 qui établit la liste, et le décret n° 2019-329 du 16 avril 2019. Une SNUB correspond à une substance non initialement élaborée pour être utilisée en protection des plantes. Pour le duo purin ortie puceron, cela signifie que le produit relève d’abord de la fertilisation, et qu’aucune efficacité insecticide ne lui est garantie par une autorisation.

Côté commerce, un arrêté paru au Journal officiel du 28 avril 2011 a autorisé la vente du purin d’ortie pour l’agriculture. Avant cela, les jardiniers amateurs bénéficiaient d’une tolérance.

Que sait-on de l’effet du purin d’ortie sur les pucerons ?

Deux modes d’action sont décrits. Le premier est répulsif : le purin d’orties a des propriétés insectifuges, et il présente un caractère répulsif face aux pucerons et aux acariens. Pour un usage préventif contre les insectes et autres parasites, il se pulvérise directement sur et sous le feuillage, dilué au dixième.

Le second est curatif. Un purin d’ortie peut être pulvérisé sur les pucerons déjà en place : la préparation, au même rapport de 1 pour 10, est projetée directement sur les insectes. Il tuerait alors les pucerons par contact et nettoierait au passage le miellat qui englue les feuilles.

Faut-il en déduire que le purin ortie puceron règle le problème en une application ? Rien dans ces descriptions ne l’affirme : elles ne donnent aucun taux de réussite chiffré. Le produit se présente comme un moyen parmi d’autres, à inscrire dans une stratégie plus large. Pour un purin voisin, celui de fougère, la durée d’efficacité a été testée jusqu’à 7 jours après la pulvérisation ; rien de comparable n’est chiffré pour l’ortie.

Comment préparer et diluer le purin d’ortie ?

La recette de base tient en une ligne : 1 kg d’orties fraîches pour 10 litres d’eau, ou 100 g d’orties sèches pour la même quantité d’eau. Les orties se hachent grossièrement avec un couteau tranchant, puis macèrent. Il faut cueillir de grandes orties, et choisir un endroit où elles n’ont pas été traitées : il est souvent difficile de trouver des orties indemnes de désherbants ou d’autres pesticides.

ÉtapeValeur à retenirPrécision
Proportion de départ1 kg de plante fraîche pour 10 litres100 g de plante sèche pour 10 litres
BrassageUne fois par jourTant que de petites bulles apparaissent
Durée de fermentation1 à 2 semainesSelon la température extérieure
Fin de fermentationPlus aucune bulleMoment de filtrer
Dilution avant pulvérisation1 pour 10Le produit obtenu est très concentré
Conservation du purin filtré6 moisDans un endroit frais

La fermentation se juge aux bulles : tant qu’elles apparaissent quand on brasse, elle n’est pas achevée, et leur absence signale la fin du processus. Par temps particulièrement chaud, la durée peut être réduite de moitié.

Le filtrage n’est pas facultatif pour un pulvérisateur. Pour une application foliaire, un produit du commerce déjà filtré ou un filtrage maison minutieux est obligatoire ; ceux qui ne filtrent pas les résidus végétaux doivent oublier le pulvérisateur, sous peine de boucher instantanément la buse. Le rapport à retenir revient partout : un volume de purin pour dix volumes d’eau.

Quelles limites faut-il garder en tête ?

La première tient à sa nature : un produit sans homologation insecticide, dont l’effet n’est pas mesuré dans les documents consultés. Nous préférons le dire clairement plutôt que d’en faire un remède sûr.

La deuxième tient à la plante traitée. Ce purin est à utiliser avec parcimonie sur les plantes à fleurs, car il favorise la croissance des feuilles. Un hibiscus ou un rosier fleuri n’appellent donc pas des applications répétées.

La troisième est la qualité de la matière première. Des orties issues d’un talus traité emporteraient les résidus avec elles : sur ce point, mieux vaut cueillir dans un coin du jardin dont on connaît l’histoire. Quant à la concentration, elle impose de ne jamais pulvériser le purin tel quel.

Reste la cause cachée des infestations. La présence de fourmis sur les végétaux est très fréquemment associée à celle des pucerons. Tant que les fourmis restent actives, la colonie a de bonnes chances de se reformer ; nos pages sur les fourmis dans les arbres fruitiers et sur les fourmis de terre et les plantes détaillent la parade.

Quelles alternatives au purin ortie puceron ?

Le geste le plus simple coûte un seau d’eau : un jet pulvérisé sur les colonies pourra déstabiliser les pucerons. Les branches colonisées peuvent aussi être taillées, si la plante s’y prête.

Les auxiliaires font ensuite le travail durablement. Parmi les prédateurs, les larves de chrysope et de syrphes, ainsi que les larves et les adultes de coccinelles, sont de gros consommateurs de pucerons de toutes espèces. Des plantes compagnes comme le thym ou les œillets d’Inde sont conseillées pour repousser les pucerons. À noter : les pucerons, comme de nombreux insectes volants, sont attirés par la couleur jaune.

Le savon reste l’autre grande option. Pour une solution à 5 %, on dilue 5 cuillères à soupe de savon liquide, ou 2,5 cuillères à café de savon mou, dans 1 litre d’eau tiède, et l’on renouvelle l’opération une ou deux fois si besoin. Les dosages précis figurent dans notre page sur le dosage du savon noir contre les pucerons par litre, avec un calculateur de dosage. Pour un arbre précis, voyez aussi les pucerons du cerisier et les feuilles enroulées.

Si l’on compare, le purin ortie puceron garde une place : il se fabrique sur place, avec une plante gratuite. Mais il ne remplace ni les auxiliaires ni la surveillance des fourmis.

Questions fréquentes sur la préparation du purin d’ortie

Peut-on utiliser des orties sèches plutôt que fraîches ?

Oui. La proportion donnée est de 100 g d’orties sèches pour 10 litres d’eau, contre 1 kg d’orties fraîches pour la même quantité d’eau.

Dans quel récipient faire macérer le purin ?

Dans un bac en plastique, ou en bois si l’on en dispose, mais surtout pas en métal.

Où installer le bac ?

Le plus loin possible des habitations, au fond du jardin par exemple, car la substance dégage une odeur nauséabonde.

Combien de temps se conserve le purin d’ortie ?

Filtré, il se conserve facilement 6 mois dans un endroit frais. On ouvre de temps en temps les bouchons des bidons pour éviter la surpression, qui les ferait gonfler.

Que se passe-t-il si l’on ne filtre pas le purin ?

Le pulvérisateur est à proscrire : les résidus végétaux boucheraient la buse. Un arrosage à l’arrosoir reste possible avec un purin non filtré, mais la pulvérisation sur le feuillage exige un liquide bien filtré.

La fermentation est-elle plus rapide en été ?

Oui, le temps peut être réduit de moitié en cas de temps particulièrement chaud. On le vérifie aux bulles : leur disparition marque la fin du processus.

Sources

  1. Ecophyto PRO, « Les préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) : statut et approbation », consultée le 15 octobre 2026, https://www.ecophyto-pro.fr/fiches/fiche/22/les_preparations_naturelles_peu_preoccupantes_pnpp_statut_et_approbation
  2. INRAE, Ephytia, « Biocontrol - Pucerons », consultée le 15 octobre 2026, https://ephytia.inrae.fr/fr/C/18484/Biocontrol-Pucerons
  3. Jardiner autrement, « Lutter contre les pucerons », consultée le 15 octobre 2026, https://www.jardiner-autrement.fr/lutter-contre-les-pucerons/
  4. Gerbeaud, « Autorisation de vente du purin d’ortie : une victoire pour les PNPP », consultée le 15 octobre 2026, https://www.gerbeaud.com/actualite-jardin/autorisation-vente-purin-ortie-PNPP.php
  5. Gerbeaud, « Purin d’ortie : préparation et utilisations », consultée le 15 octobre 2026, https://www.gerbeaud.com/jardin/fiches/fp_purin_orties.php3
  6. Gerbeaud, « 10 solutions naturelles anti-pucerons », consultée le 15 octobre 2026, https://www.gerbeaud.com/jardin/fiches/10-solutions-naturelles-anti-pucerons,2724.html
  7. Aujardin.info, « Le purin d’ortie », consultée le 15 octobre 2026, https://www.aujardin.info/fiches/purinortie.php
  8. Aujardin.info, « Purin d’ortie au potager : secrets de fabrication, dilution et conservation », consultée le 15 octobre 2026, https://www.aujardin.info/fiches/comment-utiliser-purin-ortie.php

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